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Les prix du gaz en juillet 2013

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Coup de théâtre dans la fixation des tarifs réglementés du gaz au 1er juillet 2013. Alors que GDF Suez avait annoncé en mai une stabilité des prix du gaz par la voix de son numéro 2 Jean-françois Cirelli, l'arrêté du 30 juin fixant les tarifs réglementés au 1er juillet 2013 prévoit finalement une hausse de 0,5%. Une mauvaise nouvelle pour le consommateur qui verra finalement sa facture de gaz augmenter en juillet. La tendance dans les prochains mois reste toutefois plutôt orientée à la baisse grâce aux évolutions des coûts d'approvisionnement de GDF Suez.

La fin d'un cycle de baisse des tarifs réglementés

La hausse de juillet marque un coup d'arrêt à une série de légères baisses des tarifs réglementés du gaz : -0,5% en février 2013, -0,3% en mars 2013, -0,6% en avril 2013, 0% en mai 2013, -0,6% en juin 2013. L'été est la période traditionnelle de révision des coûts hors approvisionnement de GDF Suez, facteur de hausse des tarifs réglementés. D'après Jean-François Cirelli, la hausse des ces coûts hors approvisionnement devait être compensée par la baisse des coûts d'approvisionnement. Sa prévision ne s'est pourtant pas réalisée et les tarifs réglementés du gaz ont bel et bien légèrement augmenté en juillet.

Des évolutions divergentes pour les coûts d'approvisionnement et les coûts hors approvisionnement

Les tarifs réglementés du gaz doivent couvrir à la fois les coûts d'approvisionnement en gaz du fournisseur historique GDF Suez et ses coûts hors approvisionnement. En ce qui concerne le 1er juillet 2013, la mauvaise nouvelle venait des coûts hors approvisionnement (stockage, distribution, transport) dont la hausse, considérée séparément, aurait dû provoquer une hausse de 1,6% des tarifs réglementés en juillet d'après l'estimation initiale du régulateur, la Commission de Régulation de l'Energie. Toutefois, les consommateurs bénéficient du repli des coûts d'approvisionnement de GDF Suez en gaz, revus chaque mois à la hausse ou à la baisse et indexés sur les prix des produits pétroliers, les prix du gaz sur le marché de gros et la parité euro/dollar.

Le détail de la hausse des coûts hors approvisionnement

L'attention générale tend à se fixer sur les coûts d'approvisionnement en gaz, très médiatiques puisqu'ils évoluent chaque mois et sont les principaux responsables de la flambée des prix du gaz étalée entre 2005 et 2012 (+80%). Toutefois, les coûts hors approvisionnements représentent 44% du prix hors taxe du gaz et sont d'autant plus sensibles qu'ils rémunèrent les monopoles des gestionnaires de réseau de transport (GRTgaz, TIGF) et de distribution (GRDF, entreprises locales de distribution).

Coût hors approvisionnement % du prix HT du gaz aux tarifs réglementés Impact au 1er juillet 2013
Transport 7% +0,9 point
Stockage 5% -0,4 point
Distribution 22% +0,9 point
Commercialisation 10% +0,3 point
TOTAL 44% +1,6%

Les coûts hors approvisionnement évoluent semestriellement, contrairement aux coûts d'approvisionnement qui impactent les tarifs réglementés chaque mois.

Modification de la formule tarifaire de fixation des tarifs réglementés du gaz

L'arrêté au 30 juin fixant les tarifs réglementés du gaz au 1er juillet modifie également les clauses d'indexation des tarifs réglementés : les prix du gaz au comptant (prix spot sur les marchés organisés) pèseront désormais 45,8% de l'indexation, face aux prix des produits pétroliers (fioul lourd, fioul domestique, prix du pétrole brut Brent), contre 35,6% depuis le 1er janvier 2013 et 26% auparavant. Les prix du gaz au comptant sont en effet particulièrement attractifs sur les marchés, conduisant le gouvernement à pousser GDF Suez à la renégociation de ses contrats de long terme pour majorer l'indexation sur ces prix au comptant et minorer l'indexation sur les produits pétroliers. La courroie de tranmission de la formule tarifaire permet de répercuter cette baisse des coûts d'approvisionnement de GDF Suez sur le prix du gaz facturé au consommateur.

Sans cette nouvelle modification de la formule tarifaire, la hausse des prix du gaz de juillet 2013 aurait probablement été plus élevée. Afin de minimiser la hausse, le gouvernement est allé plus loin que les préconisation de la Commission de Régulation de l'Energie (CRE), qui suggérait de porter la part des prix du gaz au comptant à au moins 40% à partir d'octobre 2013. Toutefois, le gouvernement ne pourra jouer indéfiniment sur ce taux pour ralentir la hausse des prix du gaz. Philippe de Ladoucette, président de la CRE, a en effet estimé en audition devant l'Assemblée Nationale le 18 juin dernier que l'indexation sur les prix du gaz au comptant ne pourrait dépasser ce niveau sans poser problème pour la sécurité d'approvisionnement du pays.

Prévisions d’évolution

A court terme, le prix du gaz devrait poursuivre sa tendance stable ou baissière jusqu’à la fin de l’été, impactant les coûts d'approvisionnement de GDF Suez dans un sens favorable au consommateur. A moyen et long termes, le Conseil d'analyse économique a récemment affirmé qu’une hausse significative des prix du gaz aurait lieu d’ici 2017, à hauteur de 30% pour les particuliers et de 20% pour les entreprises, ce que le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, a confirmé.

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