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Gazpar danger : faut-il refuser son installation ?

Onze millions de compteurs Gazpar devraient être installés dans les foyers français d’ici 2023. Or à l’instar de son homologue Linky pour l’électricité, le déploiement de ce nouveau compteur communicant soulève des interrogations sur l'impact des ondes et la vie privée.

Pourquoi Gazpar est-il déployé ?

Compteur Gazpar

Le déploiement des compteurs dits de « nouvelle génération » résulte d’une impulsion de l’Union Européenne, dont l’objectif était notamment d’améliorer l’efficacité énergétique et de mieux maîtriser la demande d’énergie. La France est loin d’être isolée dans ce changement puisque seize autres pays européens déploient ou vont déployer des compteurs communicants pour l’électricité. Ils sont sept pour le gaz.

Pour le consommateur, Gazpar va permettre d'éviter le relevé annuel du compteur gaz ; ce qui va aussi permettre à GRDF de faire des économies. La transmission sans fil des données quotidiennes, si elle permettra de suivre ses consommations au jour le jour, est décriée par certains Français qui refusent de voir un émetteur d'ondes être installé à leur domicile.

Comment Gazpar fonctionne-t-il ?

Les compteurs communicants, pour échanger des informations, mettent en œuvre une transmission radioélectrique ou par courant porteur en ligne (pour Linky). Le principe commun à tous les compteurs est a minima de transmettre automatiquement et à distance l’index de consommation. Les techniques de transmission utilisées sont classiques, à la fois pour la radioélectricité et le courant porteur en ligne (CPL), déjà largement répandus à l’intérieur des domiciles, sur une bande de fréquences différente.

Le fonctionnement du compteur Gazpar

Equipé d’un module radio, le compteur communicant Gazpar transmet deux fois par jour, en moins d’une seconde, les données de consommation de gaz naturel à un concentrateur, installé sur un toit d'immeuble par exemple, en utilisant une fréquence de 169 MHz, proche des fréquences de la radio FM.

Gazpar refus : une polémique moins virulente que pour Linky

Après une phase pilote qui a ciblé quatre zones : les Hauts de Seine, Le Havre, la métropole de Lyon, le nord des Côtes d'Armor, le déploiement de Gazpar commence sur l'ensemble du territoire national et concerne 11 millions de foyers qui seront équipés d’ici à 2023. L’installation des nouveaux compteurs est cependant un sujet de polémique. En effet, plusieurs communes ont déjà refusé l'installation de ces compteurs nouvelle génération. Par ailleurs, des journées nationales d'action contre ces compteurs intelligents ont également été organisées dans plusieurs régions de France comme en Dordogne ou dans les Alpes Maritimes.

A l’origine de cette polémique ? De vives critiques envers la technique de transmission sans fil, soupçonnée d’émettre des ondes électromécaniques dangereuses pour la santé.

Danger Linky : faut-il craindre le compteur intelligent d'ENEDIS ?

L’ANSES rassure les consommateurs sur les risques sanitaires

logo ANSES

En décembre 2016 suite à une demande du ministère de la Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) publiait une nouvelle étude afin d'évaluer l'étendue des risques sanitaires que pourrait provoquer l'utilisation des compteurs Linky et Gazpar.

Dans son étude relative à l’évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par les « compteurs communicants » actualisée en juin 2017, l’agence conclut à :

Une "faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme".

Avec la multiplication des appareils connectés, il semblerait que les compteurs intelligents ne soient pas plus nocifs qu’une télévision. Gazpar serait également moins nocif qu’un téléphone portable : l’énergie émise par le compteur n’étant en effet pas concentrée. Il est important de retenir que contrairement à d’autres objets connectés, Gazpar n’émet ces ondes que deux fois par jour.

Informer le public pour rassurer

L'ANSES engage cependant "les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une meilleure information du public quant à leurs modalités de fonctionnement actuel et futur". En effet, le manque de pédagogie d'ENEDIS autour de son compteur Linky lui a valu une levée de boucliers que l'entreprise regrette aujourd'hui.

Par ailleurs, les associations de consommateurs critiquent le fait que les gestionnaires des réseaux de distribution, en charge de l'installation des compteurs, n'aient pas prévu de temps pour expliquer et informer les consommateurs sur les avancées pour les consommateurs en terme de maîtrise de la demande d'énergie.

Gazpar refus : quelles conséquences ?

Au regard de la loi, l'article L 322-8 du Code de l'énergie répond à cette question. Il dispose que :

"l'entretien et la maintenance des compteurs gaz doivent être réalisés par le gestionnaire du réseau de distribution".
geste de la main symbolisant le refus

Il appartient donc au gestionnaire du réseau de gaz, GRDF, de remplacer les anciens compteurs en déployant les compteurs Gazpar sur tout le territoire. Néanmoins, certains consommateurs décident de simplement ne pas ouvrir au technicien GRDF mandaté pour l'installation du compteur. On estime en outre qu'1% des consommateurs refusent l'installation des compteurs intelligents en premier lieu. Ensuite, les gestionnaires des réseaux de distrivbution entrent en contact avec ces consommateurs pour expliquer en détail les avantages des nouveaux compteurs et déconstruire certaines fake news relayées par des sites peu fiables.

Par ailleurs, le refus de Gazpar pourrait entraîner, d'ici la fin de la période de déploiement, à une augmentation de l'abonnement et voire une coupure de l'alimentation en gaz dans les foyers concernés. GRDF devrait également très sûrement faire augmenter le tarif du relevé physique du compteur, qui pourrait même dépasser la centaine d'euros par déplacement.

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