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Les prix du gaz sur les marchés organisés

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Afin de pouvoir fournir leurs clients finaux, les professionnels du gaz naturel tels qu'Engie (ex-GDF Suez), Direct Energie et eni se fournissent eux-mêmes sur les marchés de gros. Afin de bénéficier des meilleurs prix, les fournisseurs français s'approvisionnent d'une part sur le marché de gré à gré, et d'autre part sur les marchés organisés.

canalisation gaz
  • les marchés de gré à gré permettent aux acheteurs de conclure des contrats d'approvisionnement de long terme (jusqu'à 20 ou 30 ans) directement avec un vendeur. Ce type de contrat permet à l'acheteur d'assurer un volume d'approvisionnement fixe à un prix stable dans le temps, tout en permettant au vendeur de garantir ses débouchés : l'acheteur est en effet tenu d'acheter le gaz livré (principe du Take or pay).
  • les marchés organisés (aussi appelés bourses du gaz) consistent en des plateformes d'achat centralisées sans interaction directe entre l'acheteur et le vendeur : cette centralisation permet d'obtenir un prix d'équilibre. Les contrats sont souvent de court terme, soit de types spot (Within-day, Day ahead et Week-end), soit des contrats à terme ou Futures (produits mensuels, trimestriels,  saisonniers et calendaires).

Le prix du gaz sur les marchés organisés a une importance pour les gros clients tels que les industriels, qui se fournissent directement sur ces marchés. Par ailleurs, le prix du gaz sur les marchés organisés TTF (Pays-Bas) compte pour un tiers dans la formule de fixation des tarifs réglementés du gaz naturel du fournisseur historique Engie.


Les marchés organisés en Europe et en France

En Europe

Les marchés organisés du gaz en Europe sont apparus au cours de la décennie 2000, en parallèle de l'ouverture des marchés domestiques à la concurrence. Les marchés nationaux dans des pays comme la France ont en effet connu une libéralisation sur cette période sous l'impulsion de l'Union européenne. Sur ces marchés nationaux, les fournisseurs historiques (en France, Engie, Total énergie gaz, et les ELD) et alternatifs (en France, Direct Energie, eni...) ont formulé le besoin d'accéder à des contrats de fourniture de court terme à même de leur procurer plus de flexibilité d'approvisionnement ainsi que des prix plus avantageux dans un contexte de baisse des cours. Historiquement dominés par les échanges de gré à gré, les contrats de fourniture transitent désormais de façon croissante sur les marchés organisés.

En France

En France, le marché Powernext Gas a été lancé en novembre 2008. Il permet aux fournisseurs de gérer leurs risques de volume (et ainsi d'ajuster leurs approvisionnements aux besoins de leurs clients), et au gestionnaire de réseau de transport GRTgaz de couvrir ses besoins d'équilibrage journaliers. Malgré cela, l'approvisionnement sur les marchés Powernext en France reste une stratégie à la marge pour les fournisseurs de gaz, qui préfèrent la visibilité de long terme des marchés de gré à gré afin de proposer à leurs clients des offres durablement compétitives. En 2013, les volumes de gaz naturel livrés en France via les marchés Powernext correspondaient à un peu moins de 6% du total livré, ce qui représentait une progression quasi-nulle par rapport à fin 2009 (source : CRE).

Evolution des prix sur les marchés européens

evolution prix TTF Brent

Evolution du prix du gaz et du pétrole sur les marchés organisés en Europe (cours du baril de Brent en bleu vs. prix du gaz sur marché TTF en rouge)

Les prix sur les marchés organisés varient en fonction du prix de l'offre et de la demande. Ils sont donc largement sujets aux fluctuations de la production de gaz naturel dans les pays exportateurs de la région, mais aussi aux fluctuations de la demande. A l'approche de l'hiver, la chute des températures a en effet un impact significatif sur la consommation à des fins de chauffage pour les particuliers et les entreprises, ce qui conduit à une hausse de la demande et par là-même, des prix des contrats de court terme.

Le prix du gaz en Europe a suivi plusieurs tendances successives ces dernières années :

  • en 2007 et 2008, la crise financière et économique a causé une hausse conséquente du prix des matières premières ;
  • en 2009, leurs cours ont connu un "retour à la normale" ;
  • en 2010, cette baisse s'est prolongée pour le gaz naturel alors que le cours du baril repartait à la hausse. La stagnation du prix du gaz suite à cette période s'explique par deux phénomènes :
    • une hausse de l'offre, stimulée par l'entrée en exploitation du gaz de schiste américain ;
    • une stagnation de la demande, notamment due à une croissance atone en Europe ;
  • en 2014, le prix du gaz naturel et du pétrole ont connu une chute significative déclenchée par l'ouverture des exportations de gaz et pétrole de schiste américains, alors que les autres pays producteurs tels que l'Arabie Saoudite choisissaient de maintenir le niveau de leurs exportations.

A la mi-2015, les prix sont en phase de stabilisation. Ils pourraient évoluer à la hausse dans les mois et années à venir, étant donné leur niveau très bas.

Pour connaitre les évolutions mois par mois, consultez notre section dédiée.

En France : l'écart entre les PEG

Différentiel PEG Nord PEG Sud

Différentiel (spread) entre le PEG Nord (en bleu) et le PEG Sud (en rouge), période 2012-2013

Le marché français Powernext est aujourd'hui segmenté en deux zones d'équilibrage : la zone Nord, qui concentre la vaste majorité des volumes, et la zone Sud, issue de la fusion au 1er avril 2015 de l'ancienne zone Sud et de la zone Sud-Ouest. Chacune de ces deux zones est représentée par un PEG, ou Point d'échange gaz, qui constitue une bourse dont les prix évoluent de façon autonome, un écart se formant régulièrement entre les deux PEG. En effet, le prix du gaz est régulièrement plus élevé en zone Sud qu'en zone Nord. Cela est dû à deux phénomènes :

  • la zone Sud est approvisionnée exclusivement via navires GPL par les pays producteurs de la Méditerranée et les pays du Golfe, qui sont sollicités par une plus forte demande asiatique, réduisant ainsi les volumes livrés en Europe ;
  • la zone Nord injecte du gaz en zone Sud pour compenser ce déficit de l'offre, mais les interconnexions entre les deux zones d'équilibrage ne sont pas suffisamment épaisses et sont régulièrement congestionnées.

Cette situation conduit à un déficit latent de l'offre qui peut provoquer un pic ponctuel des prix en période de forte consommation, notamment pendant les mois de l'hiver.

Afin d'y remédier, la CRE a recommandé une fusion des PEG à l'horizon 2018, qui passera par des investissements significatifs dans les infrastructures des interconnexions.

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